Apocalypse, London Bridge, sobriété...
Retour sur 10 mots qui ont marqué l'actualité en 2022

Comme chaque fin d'année, rétrospectives et autres classements fleurissent à l'approche des fêtes. Voici les dix mots ou expressions les plus marquants de l'année 2022.
Publié: 14.12.2022 à 22:12 heures
L'un des mots de l'année concerne les actions menées par des militants écologistes et visant des œuvres d'art célèbres.

«Apocalypse»

Avec la guerre en Ukraine et les menaces plus ou moins explicites de Vladimir Poutine, la possibilité d’une guerre nucléaire, ou tout du moins d’une frappe nucléaire tactique, s’est réinvitée dans le débat public comme jamais depuis des décennies.

«Nous n’avons pas été confrontés à la perspective d’une apocalypse depuis Kennedy et la crise des missiles cubains», en 1962, résumait le président américain, Joe Biden, début octobre.

Face à Moscou, les puissances dotées elles aussi de l’arme nucléaire se voient contraintes de se poser des questions vertigineuses sur leur capacité de dissuasion et leur éventuelle réplique.

Avec l'invasion russe de l'Ukraine, le spectre de la catastrophe nucléaire n'a jamais autant plané sur l'Europe depuis la fin de la Guerre froide.

«Authentification»

La coche bleue qui certifie l'identité du titulaire d'un compte sur Twitter illustre à elle seule la cacophonie qui règne sur le réseau social depuis son rachat fin octobre pour 44 milliards de dollars par le milliardaire Elon Musk.

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Après avoir lancé une version payante de la certification des profils, le réseau social est contraint de suspendre le nouveau système au bout de deux jours à peine: faute de vérification d'identité, de nombreux comptes se font passer pour ceux de célébrités ou de grandes entreprises, du basketteur LeBron James à Nintendo. Fin novembre, nouvelle annonce: Twitter va lancer prochainement des badges gris, dorés et bleus afin de distinguer les différents types de comptes authentifiés de la plateforme.

Elon Musk souhaite lancer un système payant de certification des comptes sur Twitter.

«Femme, vie, liberté»

Le slogan des manifestants iraniens est devenu l'un des symboles de la révolte qui a éclaté après la mort le 16 septembre de Mahsa Amini, une jeune femme arrêtée à Téhéran par la police des mœurs.

Il a été repris dans les rassemblements quasi quotidiens et très violemment réprimés depuis ce décès, utilisé dans des messages de soutien sur les réseaux sociaux, en Iran comme à l'étranger, et même affiché sur une banderole dans le stade lors du premier match des Iraniens au Mondial de football.

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Des supporters iraniens à la Coupe du Monde 2022 brandissent un drapeau affichant le slogan des manifestants: «Woman, Life, Freedom».

«Feuilles A4»

De nombreux Chinois ont exprimé fin novembre leur opposition au gouvernement et à sa stricte politique «zéro Covid», usant de créativité pour contourner la censure et montrer leur colère et leur soutien aux manifestations.

Dans plusieurs villes, dont Pékin, les manifestants ont ainsi brandi en signe de solidarité des feuilles de papier A4 blanches, en référence au manque de liberté d’expression en Chine. D’autres ont aussi publié des carrés blancs sur leur profil WeChat.

En Chine, de nombreux manifestants ont brandi des feuilles de papier A4 comme symbole d'opposition au gouvernement chinois.

«London Bridge»

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De l'annonce du décès au protocole des funérailles et aux conditions d'accession au trône de son successeur, l'opération London Bridge (Pont de Londres) prévoyait étape par étape le déroulé des événements après la mort de la reine Elizabeth II, décédée à 96 ans après 70 ans de règne, le 8 septembre.

Réglée au millimètre depuis des années, fréquemment révisée, elle a toutefois dû être adaptée au dernier moment, la souveraine s'étant éteinte en Écosse, loin de la capitale britannique.

La cérémonie suivant le décès de la reine Elizabeth II était minutieusement préparée depuis des années.

«Pertes et dommages»

Au bout d'une année 2022 qui a tristement illustré l'accélération des impacts catastrophiques du réchauffement de la planète, la conférence sur le climat de l'ONU a finalement abouti à un accord qualifié d'«historique» sur la mise en œuvre d'un fonds destiné à compenser les «pertes et dommages» climatiques déjà subis par les pays les plus pauvres.

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Adoptée presque à la sauvette au milieu de la nuit alors que le sujet n'était même pas à l'ordre du jour d'une COP27 au bilan par ailleurs plutôt contrasté, cette mesure était réclamée depuis longtemps par les nations les plus modestes. Craignant notamment d'admettre une quelconque responsabilité juridique, les pays riches, gros émetteurs historiques de gaz à effet de serre, s'y refusaient depuis des années.

Lors de la COP27, de nombreux gouvernements ont demandé la création d'un fonds pour les pertes et dommages causés par le dérèglement climatique.

«Post-fasciste»

Un siècle après l'arrivée au pouvoir de Benito Mussolini, la victoire du parti d'extrême droite Fratelli d'Italia aux élections législatives fin septembre a permis à sa dirigeante, la Romaine Giorgia Meloni, de devenir la première femme à diriger le gouvernement italien.

Présentée comme «post-fasciste», elle n'a eu de cesse depuis son élection de tenter de rassurer. «Je n'ai jamais eu de sympathie ou de proximité vis-à-vis des régimes antidémocratiques. Pour aucun régime, fascisme compris», a tenu à souligner celle qui fut dans sa jeunesse une admiratrice déclarée de Mussolini.

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Giorgia Meloni est devenue la première femme à la tête du gouvernement italien.

«Roe vs Wade»

Dans une volte-face historique, la très conservatrice Cour suprême des États-Unis a enterré en juin l'emblématique arrêt «Roe vs Wade», datant de 1973, qui garantissait le droit des Américaines à avorter mais n'avait jamais été accepté par la droite religieuse.

Sa décision a fait entrer le pays dans un monde «post-Roe», où chaque État est libre d'autoriser ou non les interruptions volontaires de grossesse sur son sol.

Une quinzaine les ont déjà bannies et d’intenses batailles politiques et judiciaires se poursuivent ailleurs, témoignant des passions que suscite toujours la question de l'avortement chez l'Oncle Sam. Les résultats des récentes élections de mi-mandat ont toutefois été l'occasion pour les défenseurs de l'IVG de se réjouir de plusieurs victoires, y compris par exemple dans le très conservateur État du Kentucky, où les électeurs ont rejeté un référendum hostile au droit à l’avortement.

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En juin, la Cour suprême des Etats-Unis a révoqué l'arrêt «Roe v. Wade», rendant ainsi drastiquement plus compliqué l'accès à l'avortement pour les femmes américaines.

«Sobriété»

Baisser le chauffage, enfiler des cols roulés, limiter l'emploi des appareils électriques... En pleine crise énergétique, sur fond de guerre en Ukraine et de volonté de se défaire de la dépendance au gaz russe, les appels à la sobriété énergétique se sont multipliés, en particulier en Europe.

Visant à éviter coupures et pannes, s'inscrivant aussi dans le contexte de la lutte contre le réchauffement climatique, cette sobriété tant vantée est aussi pour beaucoup de consommateurs une nécessité économique, dans de nombreux pays heurtés de plein fouet par l'inflation.

Face au risque de pénurie d'électricité cet hiver, de nombreux gouvernements ont appelés leurs citoyens à faire preuve de sobriété.

«Soupe de tomate»

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Les «Tournesols» de Van Gogh aspergés de soupe de tomate à Londres, «Les Meules» de Claude Monet recouvertes de purée près de Berlin, une BMW repeinte par Andy Warhol saupoudrée de farine à Milan... La fin d'année a été marquée par des actions coups de poing de militants écologistes visant des œuvres d'art afin d'alerter l'opinion sur le dérèglement climatique.

Protégées par des vitres (sur lesquelles d'autres se sont collé les mains, comme sur celle recouvrant la célébrissime «Jeune fille à la perle» de Vermeer), ces œuvres n'ont pas été endommagées. Ces actions, et d'autres menées par ces militants, comme l'interruption de compétitions sportives ou le blocage de routes, ont visé à relancer le débat autour du climat, quitte à braquer une partie de l'opinion.

Lancer de la soupe de tomate sur des oeuvres d'art est devenue l'un des nouveaux modes d'action des activistes pour le climat.

(AFP)

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