1,5 degré, pas plus
L'UE dévoile ses pistes d'adaptation au climat

Bruxelles a publié mardi ses pistes pour se préparer aux risques climatiques, avec un réchauffement pouvant atteindre 3 degrés dans l'UE même si le monde tient son objectif de +1,5 degré. Ce scénario est susceptible de grever sérieusement le PIB européen.
Publié: 12.03.2024 à 20:15 heures
Chaleur extrême, sécheresse, incendies de forêt, inondations, érosion: tous ces phénomènes sont appelés à «s'aggraver, y compris dans les scénarios optimistes du réchauffement climatique», prévenait le rapport de l'Agence européenne de l'Environnement (AEE).

Investissements renforcés, meilleure coordination, planification territoriale: la feuille de route est dévoilée au lendemain de la publication du premier rapport de l'Agence européenne de l'Environnement (AEE) sur l'évaluation de ces risques grandissants.

Chaleur extrême, sécheresse, incendies de forêt, inondations, érosion: tous ces phénomènes sont appelés à «s'aggraver, y compris dans les scénarios optimistes du réchauffement climatique», prévenait ce rapport.

«L'adaptation au climat est un enjeu de survie, ce n'est pas une image, de survie économique au mieux: quand chaque euro dépensé pour réparer les ravages de catastrophes est un euro non investi ailleurs», a affirmé le vice-président de la Commission européenne Maros Sefcovic.

Impacts à large échelle

Selon les «prévisions conservatrices» de l'AEE, «l'aggravation des impacts climatiques pourrait amputer de 7% le PIB de l'UE d'ici la fin du siècle», les zones les plus exposées étant le sud du continent et les régions côtières, a-t-il rappelé.

«L'ampleur des dommages potentiels risque d'influer sur la compétitivité des entreprises, le paysage géopolitique (flux commerciaux, stabilité économique, main d'oeuvre) et d'aggraver les inégalités sociales», prévient Bruxelles.

«Sans cesser de lutter contre les causes profondes du réchauffement et de limiter nos émissions (...) il est plus logique sur le plan économique de renforcer notre résilience aux impacts climatiques maintenant que de payer plus tard le coût des dommages», a souligné Wopke Hoekstra, commissaire au Climat.

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«Il faut se préparer à une hausse des températures en Europe d'au moins trois degrés, même si l'on parvient à limiter la température au niveau mondial à une augmentation de 1,5 degré», a-t-il averti.

Assurer le financement

La Commission propose «une coopération plus étroite entre les niveaux national, régional et local» et avec l'UE, pour partager les données et garantir que les ressources soient déployées «là où c'est le plus efficace».

Elle souhaite «améliorer les outils d'alerte précoce» pour les incendies de forêt et autres catastrophes via une surveillance renforcée, et recourir au service satellitaire Galileo pour transmettre des «messages d'alertes» en cas de situation d'urgence «même lorsque les systèmes d'alerte terrestre sont en panne».

Les Vingt-Sept sont enjoints à renforcer leurs «politiques structurelles»: organisation territoriale, intégration des risques dans leurs planifications, entretien des «infrastructures critiques», investissements dans les mécanismes de protection civile...

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«Il est essentiel de mobiliser des fonds suffisants, tant publics que privés», avertit encore l'exécutif européen. Il appelle les Etats à intégrer l'adaptation climatique à leurs trajectoires budgétaires nationales et à ajuster les critères de leurs appels d'offres, mais aussi à financer «correctement» les «instruments de solidarité» de l'UE.

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