Par une experte en recrutement
Suivez ces 5 conseils pour négocier une augmentation de salaire

Alors que la saison des entretiens annuels bat son plein, nombreux sont ceux qui souhaiteraient discuter augmentation avec leur N+1. Pour Blick, une experte en recrutement dévoile les cinq piliers d’une négociation salariale réussie.
Publié: 10.01.2024 à 08:10 heures
Les entretiens de fin d'année approchent et, avec eux, la possibilité de négocier son salaire. Voici 5 conseils pour le faire au mieux.
Margaux Sitavanc

Voilà trois ans que vous vous donnez corps et âme à votre boîte, que vous ne comptez pas vos heures et n’hésitez jamais à rendre service, même lorsque la tâche s’éloigne sensiblement de votre cahier des charges. En 2024, c’est décidé, vous allez demander une augmentation à votre boss! 

Cette résolution prise, comment comptez-vous vous y prendre? Invoquer l’inflation, la réussite récente d’une formation ou tout simplement votre personnalité exceptionnelle? Fondatrice et CEO des entreprises de recrutement de cadres Brodard Executive Search et Brodiance ainsi que de l’organisation à but non lucratif Hire Me I’m Fabulous!, Nathalie Brodard identifie cinq clés pour maximiser vos chances de convaincre votre employeur.

Publicité
1

Établissez votre valeur sur le marché du travail

Lorsque l’on souhaite demander une augmentation, Nathalie Brodard insiste sur l’importance de se renseigner préalablement quant à sa valeur sur le marché du travail: «C’est une étape indispensable, non seulement pour savoir à quoi l’on peut prétendre objectivement, mais aussi pour se rendre compte si l’on est bien, pas assez, voire même trop payé pour certains cas rares. Il peut arriver qu’un employé pensant mériter une augmentation se rende compte, ses recherches effectuées, qu’il était au contraire déjà mieux rémunéré que la plupart des travailleurs de sa branche», commente la spécialiste. 

Pour ce faire, on peut consulter le calculateur statistique de salaires de la Confédération Salarium ou de L’Union Syndicale Suisse (USS) mais également des sites comme jobs.ch ou encore glassdoor.ch.

2

Préparez vos arguments à l’avance

Une fois renseigné sur votre situation par rapport aux salaires de votre branche, il vous faut préparer des arguments qui feront mouche. Autant vous le dire tout de suite, invoquer l’inflation ne sera (malheureusement) pas suffisant: «Il faut avant tout se poser la bonne question: Pourquoi est-ce que je pense mériter une augmentation?», indique Nathalie Brodard. 

Vous vous êtes surpassé au boulot et avez démarché un gros client, vous avez récemment terminé un projet ou une formation en lien avec votre domaine de compétence ou avez dernièrement assumé de nouvelles responsabilités au sein de votre équipe? C’est le moment de le faire savoir! «Une autre piste intéressante consiste à évoquer le précédent entretien annuel afin de mettre en avant le fait que l’on a progressé sur les point identifiés à l’époque comme étant à améliorer», glisse l’entrepreneure.

Publicité
3

Instaurez une communication de professionnel à professionnel

Votre objectif lors de l’entretien avec votre supérieur? Apporter du concret sans apparaître menaçant ou revendicateur. Pour ce faire, Nathalie Brodard conseille de mettre votre interlocuteur à l’aise en faisant preuve de motivation, mais aussi de reconnaissance: «Souhaiter une augmentation n’a rien d’anormal ou de tabou, mais il ne faut pas pour autant négliger l’importance de réaffirmer sa satisfaction de travailler au sein de l’entreprise. 

Comme toutes les relations, celle employé-employeur se travaille et il est important de 'rassurer' ce dernier sur notre motivation, pourquoi pas en lui expliquant que cette demande s’inscrit aussi dans un désir de collaboration sur le long terme au sein de l’entreprise». Une communication respectueuse de professionnel à professionnel qui vise à démontrer à la fois notre implication, mais aussi et surtout la pertinence de notre demande.

4

Ne négligez pas le pouvoir des soft skills et du savoir-être

Très à la mode chez les neomanagers, les compétences douces (soft skills en anglais) ne doivent surtout pas être négligées lorsqu’il s’agit de formuler une demande à votre supérieur, et ce quelle que soit sa nature: «Si on arrive avec un état d’esprit positif, que l’on montre par notre communication verbale et non-verbale que l’on est content d’être où on est et que l’on estime notre relation professionnelle, ça peut aider à emmener la conversation dans le bon sens», affirme Nathalie Brodard. 

Forte de ses nombreuses années d’expérience, la chasseuse de talents insiste également sur l’importance, durant l’entretien, de pratiquer une écoute dite active: «On pose des questions ouvertes, on s’assure que la personne a bien compris nos motivations, et à l’inverse, on n’hésite pas à reformuler le propos de notre supérieur pour lui montrer qu’on accorde de l’importance à ce qu’elle nous dit». 

Publicité
5

En cas de refus, ne réagissez pas sous le coup de l’émotion

Si, malgré toute votre préparation et vos arguments en béton, on n’accède pas à votre demande, attendez d’avoir pu digérer la nouvelle avant de décider de crier «adieu les cons!» et de partir en claquant la porte: «Une fois l’émotion passée, n’hésitez pas à questionner votre supérieur sur les raisons de son refus et à lui demander s’il serait envisageable de réévaluer la situation dans six mois, voire une année», conseille Nathalie Brodard. 

Et d’ajouter: «Vous pouvez aussi demander à votre interlocuteur s’il peut envisager des avantages d’une nature différente, comme par exemple une après-midi de congé de temps en temps, le financement d’une formation utile au poste ou encore l’octroi d’un jour de télétravail supplémentaire. Faire preuve de créativité de chaque côté, c’est aussi un moyen de se retrouver à mi-chemin afin de conserver et faire grandir notre relation professionnelle», conclut la spécialiste.

En revanche, si vous avez le sentiment de vous faire avoir ou en l’absence manifeste de volonté de votre employeur de trouver un compromis, Nathalie Brodard conseille alors de prendre le temps de se questionner quant à notre désir de continuer à évoluer au sein cette entreprise ou au contraire, de poursuivre notre carrière ailleurs.

Vous avez trouvé une erreur? Signalez-la