27 mineurs ont perdu la vie
Au Pérou, la mine d'or sinistrée a bénéficié de l'argent du contribuable suisse

Un tragique accident dans une mine d'or au Pérou a coûté la vie à 27 personnes au début du mois de mai. La mine était considérée dans ce pays comme un modèle d'exploitation responsable de l'or. Elle était financée par les impôts suisses.
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Photo: keystone-sda.ch

Début mai, ce sont 27 travailleurs qui ont perdu la vie lorsqu'un incendie s'est déclaré dans une galerie de la mine d'or de Yanaquihua, dans le sud du Pérou. Un court-circuit serait à l'origine du drame. Il s'agit du pire accident minier dans le pays depuis deux décennies.

La consternation règne jusqu'en Suisse. Car l'ensemble de l'or issu de la mine est exporté vers notre pays, rapporte la «NZZ am Sonntag». Il est destiné à la raffinerie Metalor, dont le siège est à Neuchâtel. La Confédération a présenté ses condoléances aux familles touchées et à la population péruvienne.

60'000 francs pour la mine sinistrée

La mine péruvienne fait partie du programme Swiss Better Gold, porté par le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco) en collaboration avec le secteur de la transformation de l'or. Lancée en 2013, la Confédération y injectera 18 millions de francs jusqu'en 2025, toujours selon l'hebdomadaire alémanique. Cet argent doit servir à promouvoir l'exploitation minière à petite échelle et à améliorer «les conditions sociales et environnementales», selon les termes du programme. Concrètement, 60'000 francs ont été versés à la mine sinistrée au Pérou.

Selon un rapport, une vidéo publicitaire présente Swiss Better Gold comme une entité pour laquelle la sécurité est prioritaire. Mais des doutes existent désormais à ce sujet. Un journaliste d'investigation péruvien renvoie la «NZZ am Sonntag» aux chiffres des autorités péruviennes, selon lesquels plus de 190 accidents graves se sont produits dans la mine de Yanaquihua au cours des dix dernières années. Depuis 2018, quatre mineurs ont perdu la vie.

Trop peu d'attention

Le directeur de Swiss Better Gold, Thomas Hentschel, évoque quant à lui une «exploitation modèle», assurant que l'exploitation de la mine accidentée était très bien contrôlée. Il ne s'explique pas cette tragédie. Les reproches formulés par les familles des mineurs décédés, selon lesquels la sécurité dans les galeries serait insuffisante, ne sont pour lui que des spéculations.

Le programme en question n'a toutefois jamais effectué de contrôles sur place, se fiant uniquement à une certification du Responsible Jewellery Council. Thomas Hentschel admet qu'il est possible qu'il y ait eu un manque d'attention à la situation sur place et annonce que les comptes de la mine, notamment, seront épluchés scrupuleusement.

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